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lundi 20 août 2012

je conjugue un pays

un soleil patrimoine
enlacé à l’horloge
un vieux carnet d’épargne
pour payer l’enterrement
un faux qui déquille
l’angoisse des ciguës
la bague de grand-mère
au trou du mont-de-piété
la pluie sur la lessive
à deux heures du printemps
un soleil coqueluche
à l’heure de la récré

je conjugue un pays
au présent singulier


un torrent qui raconte
les amours des bergers
un calendrier forçat
pour les leçons d’histoire
un tournevis coupable
cheminant hors des clous
la robe de grand-mère
qui sent la fleur de foin
la soupe à la farine
le mercredi des cendres
un torrent qui délave
les amours adultères

je conjugue un pays
au présent singulier


une falaise qui tombe
un jeudi de congé
une action de carême
déclassée à la bourse
une faucille une pioche
en plus de la jarretière
les bottes de grand-mère
pour tirer la charrue
le bleu de Méthylène
pour terrasser l’angine
une falaise qui trahit
le bureau du tourisme

je conjugue un pays
au présent singulier


un ciel en chapelure
sur le toit du couvent
un vrai carnet d’adresses
pour les amis perdus
un bon soufflet de forge
pour le sanatorium
le sarrau de grand-mère
toujours les grands travaux
l’odeur de la choucroute
dans le carnet de leçons
un ciel en chemin de croix
mendiant la rédemption

je conjugue un pays
au présent singulier

20 août 2012

jeudi 8 décembre 2011

le choucas et la carpe

le choucas se demande
à quelle heure vient l’ennui
sur le gris des ardoises
Place de Majorie
l’horloge de discorde
lâche un faux carillon
manque un nœud à la corde
de la déconvenue
le doigt de l’innocence
a bleui sous la glace
la carpe se souvient
des bons mots partagés
le choucas se demande
la carpe se souvient

le choucas se balance
au fil du télégraphe
le message est passé
dessous ses pattes croches
l’horloge des mauvais jours
sonne un beffroi lugubre
toute lettre d’adieu
brûle du feu de dieu
quand la douleur est braise
le cœur meurt sous la cendre
la carpe se souvient
de son prince de sang
le choucas se balance
la carpe se souvient

le choucas se lamente
jamais de jour de fête
jamais d’accordéon
sur la Place du Théâtre
l’horloge des matines
lance un ave fébrile
l’espoir se violoncelle
aux voutes de la nef
la folie se partage
c’est à chacun sa tranche
la carpe se souvient
des noires camisoles
le choucas se lamente
la carpe se souvient

8 décembre 2011

lundi 15 août 2011

c'est la peur pour sa peau

les ongles en demi-deuil
fichés dans le dédain
une colère enfouie
dans un pot de mensonges
une insulte tombée
sur une table sale
le sang qui cogne aux tempes
et le froid sur l’échine
le sang qui cogne aux tempes
et le froid sur l’échine

c’est un bon sentiment
qui nourrit bien sa haine
c’est la peur pour sa peau
et la déréliction

un gros essaim de guêpes
au fond de la cervelle
une plainte inutile
étalée sur le lit
un semainier d’orties
dans le confiturier
des aiguilles dans les tripes
et les nuits sans sommeil
des aiguilles dans les tripes
et les nuits sans sommeil

c’est un bon sentiment
qui nourrit bien sa haine
c’est la peur pour sa peau
et la déréliction

la phrase ruminée
pendue dedans la gorge
l’obscénité d’un cri
qui s’est mordu la langue
un fait-divers inscrit
dans la poumonnerie
le verdict attendu
au guichet des urgences
le verdict attendu
au guichet des urgences

c’est un bon sentiment
qui nourrit bien sa haine
c’est la peur pour sa peau
et la déréliction

un coup de poing dans les dents
d’un nuage de grêle
le rejet des viscères
de l’étoile amicale
un caillot plein de fiel
dans la machinerie
le parfum de la mort
aux narines du diable
le parfum de la mort
aux narines du diable

c’est un bon sentiment
qui nourrit bien sa haine
c’est la peur pour sa peau
et la déréliction

c’est un bon sentiment
qui nourrit bien sa haine
c’est la peur pour sa peau
et la déréliction

15 août 2011

lundi 25 juillet 2011

c'est un éclat

c’est du soleil en contrebande
et de l’angélique en pilule
un petit morceau d’Amérique
un Niagara en estagnon
c’est du soleil en contrebande

c’est un éclat
c’est un éclat
de ton sourire

c’est de l’étoile en limousine
du jus de Pâques à la cuiller
des jonquilles sur le trottoir
et des groseilles en confettis
c’est de l’étoile en limousine

c’est un éclat
c’est un éclat
de ton sourire

c’est une horloge qui se déquille
de l’argent de poche en cachemire
des pisse-en-lits en robe du soir
un tête-à-tête sous l’océan
c’est une horloge qui se déquille

c’est un éclat
c’est un éclat
de ton sourire

c’est un jet d’eau dessous le vent
une confiture de marjolaine
la recette du pain-perdu
de la dentelle sur l’étendage
c'est un jet d'eau dessous le vent

c’est un éclat
c’est un éclat
de ton sourire

25 juillet 2011

lundi 21 mars 2011

à l'heure de l'ivresse

la chatte qui renonce
au poker des oiseaux
le noisetier qui frime
aux caresses du vent
et le glaïeul assis
sur le perron du diable
du diable

à l’heure de la messe
les pervenches se penchent
à l’heure de l’ivresse
les jonquilles vacillent
vacillent

le pantalon qui sèche
sur la prairie de lin
la cloche qui ressasse
le temps des rogations
la renoncule inquiète
devant la faux du diable
du diable

à l’heure de la messe
les pervenches se penchent
à l’heure de l’ivresse
les jonquilles vacillent
vacillent

le courrier qui retarde
la sortie d’hôpital
l’églantine qui gonfle
les amours enfantines
un vieux soldat de plomb
dans le creuset du diable
du diable

à l’heure de la messe
les pervenches se penchent
à l’heure de l’ivresse
les jonquilles vacillent
vacillent

le cheval qui remâche
le sainfoin du dimanche
la soupe refroidie
au bordeaux supérieur
et les monnaies du pape
dans le vase du diable
du diable

à l’heure de la messe
les pervenches se penchent
à l’heure de l’ivresse
les jonquilles vacillent
vacillent

le renard qui tricote
un gilet de groseilles
un cachet d’aspirine
pour l’entorse d’un cœur
l’air de la marguerite
sur les amplis du diable
du diable

à l’heure de la messe
les pervenches se penchent
à l’heure de l’ivresse
les jonquilles vacillent
vacillent

le pied du rossignol
cassé par l’adultère
la porte de l’hôtel
murée sur le mensonge
pilule sans lendemain
au semainier du diable
du diable

à l’heure de la messe
les pervenches se penchent
à l’heure de l’ivresse
les jonquilles vacillent
vacillent

21 mars 2011

lundi 24 janvier 2011

du beau temps

les chaussures cirées
d’un cortège à deux sous
à l’envers dans la rue
le tambour déchiré
martèle au chasse-clou
un sale tempo perclus
on aura du beau temps
pour plonger

un salut obligé
au voisin dans les choux
refumant sa ciguë
la trompette clapote
une mazurka céleste
aux croches bien fourchues
on prendra du beau temps
pour chanter

les factures impayées
des corsages à frou-frou
et des jupes fendues
le pipeau qui turlute
la montée vers le ciel
d’un plaisir éperdu
ça viendra du beau temps
pour vivre

des soldats égarés
à l’heure du loup-garou
pissent dans le talus
le trombone en ribote
lâche un tango funeste
dans la nuit biscornue
on volera du beau temps
pour danser

des femmes rencontrées
dans la rue des remous
pour l’amour au surplus
le solo de la flûte
fait tomber le soleil
les cœurs sont dans la glu
y a toujours du beau temps
pour ramer

le chagrin naufragé
le cortège à genoux
bras dessous bras dessus
le tambour déchiré
prend ses jambes à son cou
et tombe sur le cul
c’est vraiment du beau temps
pour mourir

24 janvier 2011

lundi 3 janvier 2011

voisin voisine

le cheval du voisin est mort
ne mang’ra plus les boutons d’or
le voisin est tourneboulé
ciel noir ciel gris
mêm’ le journal
n’en a rien dit
ventre saint-gris

le chat de la voisine est mort
sa gamelle a viré de bord
la voisine est bien chagrinée
ciel gris ciel blanc
mêm’ le curé
en gard’ un’ dent
le chenapan

le voisin réchauffe sa soupe
y a bien assez pour deux soucoupes
hé ! il invite la voisine
ciel blanc ciel bleu
mêm’ les amis
n’en ont rien su
turlututu

la voisine couch’ chez le voisin
ils se grappillent les raisins
ils ne prendront plus d’animaux
ciel bleu ciel rose
mêm’ les oiseaux
seront bredouilles
cornegidouille

3 janvier 2011

dimanche 2 janvier 2011

sur la piste

sur la piste du cirque le dompteur amoureux
de la belle acrobate au costume d’argent
tourne le dos au tigre et c’est malencontreux
perd la tête et le cœur sous les bravos d’enfants
sur la piste du cirque la trapéziste en pleurs
tire sa révérence sous des tonnes de fleurs

sur la piste de bal le danseur amoureux
de la belle espagnole escamote un tango
son rival est un ogre et toujours ombrageux
lui mange la cervelle lui fracasse le dos
sur la piste de bal la danseuse est en pleurs
tire sa révérence et ramasse son cœur

sur la piste d’envol l’aviateur amoureux
de la parachutiste et ses seins triomphants
l’avion casse son vol s’embrase dans les cieux
les ailes du biplace tourbillonnent au vent
sur la piste d’envol le parachute pleure
tire sa révérence sur le dos du malheur

sur la piste aux étoiles je t’attends mon amour
sois sans hâte et prudente sur le chemin du monde
je te veux bien vivante sans façon ni détour
monte vers la lumière et entrons dans la ronde
sur la piste aux étoiles le soleil est en pleurs
tire sa révérence et s’éteint en douceur

sur la piste aux étoiles je t’attends mon amour

2 janvier 2011

dimanche 26 septembre 2010

hip-hop tulipe

un moineau sort en p’tite liquette
rendez-vous des corbeilles à pain
mène sa clique à la baguette
et fiente son chant du matin

hip-hop tulipe
valse glycine
hip-hop tulipe
coquelicot tango

la p’tite souris sort en chemise
rendez-vous des coffrets à dents
grignote le cours des devises
crotte sur le chant des partisans

hip-hop tulipe
valse glycine
hip-hop tulipe
coquelicot tango

un merle sort en p’tite nuisette
rendez-vous rue des bigarreaux
turlutte une fanfare de fête
et chie un concert de noyaux

hip-hop tulipe
valse glycine
hip-hop tulipe
coquelicot tango

le petit rat sort en pantoufles
rendez-vous aux heures de pointe
attiré par l’opéra-bouffe
et pétole un accord de quinte

hip-hop tulipe
valse glycine
hip-hop tulipe
coquelicot tango

un corbeau freux sort en peignoir
rendez-vous des champs de labour
avale sa ration du soir
lâche une merde de chant d’amour

hip-hop tulipe
valse glycine
hip-hop tulipe
coquelicot tango

je rentr’ chez moi en pyjama
rendez-vous café insomniaque
bouffe ma vie panorama
lâche un vent de chanson patraque

hip-hop tulipe
valse glycine
hip-hop tulipe
coquelicot tango

hip-hop tulipe
valse narcisse
hip-hop tulipe
et guimauve tango

26 septembre 2010

mardi 1 juin 2010

graine de lin

je sais je sais c'est du labeur
des stratégies sur l'établi
le doute sur le compte des heures
sur la chemise un mauvais pli
on peut regarder le miroir
on ne voit que des bonnes gens
le jugement est pour plus tard
quand sera délié le serment

graine de lin et potentille
fleur de lavande et millepertuis
fleur de lavande et potentille
graine de lin et millepertuis

je sais je sais c'est un combat
des étendards de convictions
le clairon pour le branle-bas
tous les rosiers sont en bouton
le risque de perdre la face
est enterré au fond d'un puits
chacun de nous laisse sa trace
au moins jusqu'à la prochaine pluie

fleur de lavande et millepertuis
graine de lin et potentille
graine de lin et millepertuis
fleur de lavande et potentille

je sais je sais c'est un amour
de banderilles et de bouquets
le doute sur le compte des heures
sous la chemise pas de corset
on dévisage le miroir
on ne voit qu'un bon sentiment
la bonne étoile soir après soir
le bonheur est sans jugement

graine de lin et potentille
fleur de lavande et millepertuis
fleur de lavande et potentille
graine de lin et millepertuis

graine de lin et fleur de lavande
potentille et millepertuis
millepertuis et potentille
fleur de lavande et graine de lin

1 juin 2010

dimanche 23 mai 2010

au fond de l'éprouvette

ce jus au fond de l'éprouvette
c'est de l'angoisse au fond du pot
trois sentiments à la sauvette
un peu de sueur sur la peau
la tisane est sans doute amère
et la vaisselle est ébréchée
il va falloir partir en guerre
mais ton armure est trop rouillée

night in white viscose
la vie nous fait des ecchymoses
night in white nylon
la vie nous fait plus ou moins con

la vie au fond de l'éprouvette
c'est de l'envie qu'on a en trop
un air de flûte une turlurette
ça sent la gigue sous les sabots
vin de messe et jus de groseilles
tous les verres sont dépareillés
le général casse sa bouteille
son chant de guerre est tout rayé

night in white viscose
la vie nous fait des ecchymoses
night in white nylon
la vie nous fait plus ou moins con

l'amour au fond de l'éprouvette
c'est un miracle à pleins tonneaux
un jour de chance à la roulette
le gros lot sur ton numéro
du petit lait goût de liqueur
dans la plus belle porcelaine
la guerre s'arrête de bonne heure
quand on cueille la marjolaine

night in white viscose
la vie nous fait des ecchymoses
night in white nylon
la vie nous fait plus ou moins con

la mort au fond de l'éprouvette
frissonnent les os sous la peau
on volait d'étoiles en comètes
on n'enjambe plus le ruisseau
au compte-goutte du semainier
on se nourrit d'un jus de sonde
on se dit que le compte y est
on n'verra pas la fin du monde

night in white viscose
la vie nous fait des ecchymoses
night in white nylon
la vie nous fait plus ou moins con

night in white viscose
la vie nous fait des ecchymoses
night in white nylon
la vie nous fait plus ou moins con

23 mai 2010

samedi 24 avril 2010

dans le fleuve

ce soir je vais marcher
le long du fleuve

la ville est si bavarde
la vie est si blafarde
mon cinéma est muet
soda tiède et popcorn
la bobine est cassée
et j'ai tué la licorne
la ville est si bavarde
ma vie est si blafarde

ce soir je vais m'asseoir
au bord du fleuve

la ville est si hautaine
la vie est si lointaine
la terrasse est fermée
les amis sont partis
le silence est armé
l'amour est en charpie
la ville est si hautaine
ma vie est si lointaine

ce soir je vais nager
dans l'eau du fleuve

la ville est si pocharde
la vie est si clocharde
la chope est renversée
le fût de bière est vide
la fille s'est envolée
j'ai une nouvelle ride
la ville est si pocharde
ma vie est si clocharde

ce soir je vais m'jeter
dans l'eau du fleuve

la ville est sibérienne
la vie est tell'ment chienne
l'amour est emballé
dans son carton d'lessive
il est bien ficelé
au mât de la dérive
la ville est sibérienne
ma vie est tell'ment chienne

ce soir je vais m'jeter
dans l'eau du fleuve

24 avril 2010

dimanche 28 mars 2010

j'ai volé du printemps

un peu de mauvais vent
descendu du glacier
agace le torrent
effraie le noisetier
le cheval dans le pré
rêve de la Camargue
et l'oiseau nouveau-né
a des traits de monarque

j'ai mendié du soleil
chez le marchand d'olives
j'ai volé du printemps
chez le marchand d'mouron


un reste de bourrasque
descendue du vallon
rend les garçons fantasques
cervelle et pantalon
le cheval dans le pré
en a sous le sabot
et l'oiseau nouveau-né
remplume son manteau

j'ai mendié du soleil
chez le marchand d'olives
j'ai volé du printemps
chez le marchand d'mouron


un arrière-front de bise
descendue du col sud
joue à trousse-chemise
une caresse un prélude
le cheval dans le pré
fait des pas de polka
et l'oiseau nouveau-né
joue du mélodica

j'ai mendié du soleil
chez le marchand d'olives
j'ai volé du printemps
chez le marchand d'mouron


une giboulée de traine
descendue du pôle nord
détricote une gaine
un désir corps-à-corps
le cheval dans le pré
hennit son mariage
et l'oiseau nouveau-né
fiente sur son courage

j'ai mendié du soleil
chez le marchand d'olives
j'ai volé du printemps
chez le marchand d'mouron


un noroît de misère
descendu de montagne
soulève le mystère
des amours de campagne
le cheval dans le pré
rêve de la pampa
et l'oiseau nouveau-né
est juge à Barrabas

j'ai mendié du soleil
chez le marchand d'olives
j'ai volé du printemps
chez le marchand d'mouron
j'ai mendié du soleil
chez le marchand d'lunettes
j'ai volé du printemps
chez le marchand d'lilas

28 mars 2010

dimanche 7 mars 2010

des abats des combats

un' baleine échouée
sur le bord de l'assiette
un chameau mal garé
à la station-service
un mouton déguisé
au jardin des supplices
un loup transfiguré
prêt pour le sacrifice
une chienne soumise
devant la muselière
un' jument sous l'emprise
d'un jockey de misère
un renard en chemise
dans la vigne mystère
une douleur exquise
pour la plus belle guerre

battu
débattu
combattu
j'institue
constitue
des ébats
des débats

un testament furtif
au carrefour menteur
un sentiment captif
au bilan du bonheur
un geste possessif
dans le lit des ferveurs
un non définitif
au décompte des heures
un miroir habité
de merveilleux fantômes
un' bannière ajourée
au cœur de mon royaume
un' vals' démesurée
à valser les atomes
un' lettre non postée
dans le livre des psaumes

battu
mal foutu
combattu
j'institue
destitue
des sabbats
des grabats

une pluie attendue
sur la prairie d'avoine
un chagrin répandu
sur un lit de pivoines
un secret entendu
aux vêpres des chanoines
une jupe fendue
sur un bijou cétoine
un parfum de violette
qui monte d'un corsage
la séduction discrète
d'un' oisell' de passage
les mains dans l'épuisette
le cœur dans les cordages
les souvenirs sécrètent
une blessure hors d'âge

battu
abattu
rebattu
j'institue
restitue
des abats
des combats

7 mars 2010





lundi 1 mars 2010

le sol se dérobe le ciel se déjupe

un soleil
dévoyé
sur le toit
de l'église
une abeille
agacée
par le froid
de la bise
un soleil
arasé
qui poudroie
les alises

mon regard t'enrobe
mon désir t'enjupe
mon regard t'enjupe
mon désir t'enrobe


un' bouteille
à la mer
au guichet
de la poste
une oreille
passagère
à l'archet
de riposte
un' bouteille
en enfer
un pichet
au compost

mon regard t'enjupe
mon désir t'enrobe
mon regard t'enrobe
mon désir t'enjupe


des groseilles
en salade
sur des fleurs
de verveine
un' corneille
en balade
sans ardeur
et sans peine
des groseilles
marmelades
dans ton cœur
porcelaine

le ciel se déjupe
tu défais ta robe
le sol se dérobe
tu défais ta jupe


du vermeil
à la feuille
sur tes lèvres
en vacances
du sommeil
demi-deuil
quand la fièvre
se fiance
du vermeil
du bourgueil
du genièvre
et tu danses

le sol se dérobe
tu défais ta jupe
le ciel se déjupe
tu défais ta robe

1 mars 2010

samedi 20 février 2010

ma déclaration

un merle claironne une petite pluie
une fouine traverse la grande place
mon brin de lavande a perdu sa grâce
ce café chagrin a un goût de suie

les miroirs mentent à l'heure du laitier

un pinson frissonn' dans le noisetier
un chien gris éparpille une poubelle
mon mauvais rêve froisse ta dentelle
ce jus d'orange a un goût de pitié

les miroirs mentent à l'heure du berger

un moineau danse sur un tas de feuilles
un renard piss' dans l'allée du cimetière
ma déclaration est un chant de guerre
ce sirop d'orgeat a un goût de deuil

les miroirs mentent à l'heure du facteur

le merle inquiet lanc' un cri de détresse
la fouine en chass' revient par les jardins
mon brin de lavande est mort en chemin
ce jus de la treille a un goût de messe

les miroirs mentent à l'heure du curé

le pinson muet est bouffé de vermines
le chien gris se lèche un méchant remords
mon mauvais rêve te laisse à ton sort
cette petit' bière a un goût de mine

les miroirs mentent à l'heure de l'amant

le moineau est mort dans la gueul' du chat
le renard dans' sur les roues des camions
ma déclaration se pend au violon
cett' liqueur a un goût de mort-aux-rats

les miroirs mentent à l'heure du bourreau

20 février 2010


mardi 16 février 2010

brise-glace

un colvert
solitaire
remonte la vallée
il est l'heure
joli cœur
armons le brise-glace

tu pressens
le printemps
lève le brise-vent
tu ressens
un tourment
baisse le brise-temps


un colvert
solitaire
remonte la vallée
il est temps
pénitent
armons le brise-glace

tu resserres
la frontière
auprès du brise-mer
tu libères
l'écuyère
des mains du brise-fer


un colvert
solitaire
remonte la vallée
c'est le jour
mon amour
armons le brise-glace

je m'enflamme
pour la dame
le cœur en brise-lames
je désarmes
ses alarmes
le cœur en brise-larmes

un colvert
solitaire
remonte la vallée
c'est le jour
mon amour
armons le brise-glace

c'est le jour
mon amour
armons le brise-glace
un colvert
solitaire
remonte la vallée

16 février 2010

mercredi 20 janvier 2010

c'est le doute et c'est le vertige

c'est un regard qui se néglige
et qui vous met dans l'embarras
un désarroi que l'on protège
comme la madone sur la sierra

casser l'anneau de la voltige
déchirer l'habit d'apparat
resquiller le tour de manège
incendier le sahara

ce maquillage de prestige
débordement de mascara
le compliment le privilège
le pas léger d'une señora

c'est le doute et c'est le vertige
la rencontre du choléra
toucher du doigt le sortilège
d'un ventre-creux d'un scélérat

c'est le doute et c'est le vertige
c'est un regard qui se néglige
soleil brisé sur la toundra
c'est un regard qui se néglige
c'est le doute et c'est le vertige


c'est du béton sur des vestiges
un os à moelle pour drosera
une volonté de sacrilège
un clafoutis de mort-aux-rats

atteler un bœuf au quadrige
lâcher trois thunes au baccara
briser le rythme du cortège
la pavane du fier-à-bras

c'est un grand vent dans les rémiges
frémissement du grand tétras
tango nuptial et grand arpège
plumes et becs tout un fatras

c'est le doute et c'est le vertige
une tornade dans les draps
subir le feu du sortilège
dieu que les remords sont ingrats

c'est le doute et c'est le vertige
c'est un regard qui se néglige
soleil brisé sur la toundra
c'est un regard qui se néglige
c'est le doute et c'est le vertige
20 janvier 2010

lundi 18 janvier 2010

cash et trash

le plus salaud
c'est le premier kopeck
c'est pas l' gros lot
d'se farcir un blanc-bec
mon pauv' mat'lot
c'est pour ton dernier rouble
qu'au grand galop
t'éclate le gras-double
le plus voyou
c'est le premier dollars
pour un cachou
se farcir un flambard
mon pauv' marlou
c'est pour le moindre euro
que sans tabou
elle déchire ton velcro

pour l'amour cash cash cash
tu paies rubis sur l'ongle
en amour trash trash trash
l'ongle sur le pubis

mon beau salaud
elle prendra tes kopecks
dans ton manteau
bons baisers et gros-becs
mon pauv' soldat
tu peux lâcher tes roubles
kamasoutra
grimace et farigoule
mon p'tit voyou
un à un tes dollars
feront joujou
sans tambour ni fanfare
mon pauv' marlou
ton matelas d'euros
pour un bisou
sourit au maquereau

pour l'amour cash cash cash
tu paies rubis sur l'ongle
en amour trash trash trash
l'ongle sur le pubis

le plus salaud
c'est le premier kopeck
sale numéro
sales salamalecs
mon pauv' mat'lot
c'est pour ton dernier rouble
que l'angelot
mettra les bouchées doubles
le plus voyou
c'est le premier dollars
sous le licou
c'est un mauvais polar
mon pauv' marlou
c'est pour le moindre euro
qu'au coupe-chou
elle te fait un accroc

pour l'amour cash cash cash
tu paies rubis sur l'ongle
en amour trash trash trash
l'ongle sur le pubis

car l'amour flash flash flash
se paie rubis sur l'ongle
car l'amour clash clash clash
l'ongle sur le pubis

18 janvier 2010

samedi 9 janvier 2010

casse pas trois pattes

assis sur le bord de l'étang
il veut lui offrir des jonquilles
comme elle hésite il prend le temps
de lui reluquer les gambilles
ce passe-temps est excitant
elle sent bien qu'il s'émoustille
si elle lui ouvre son sextant
il va déchirer ses pupilles

ne le prenez pas sur ce ton
ce n'est rien qu'un refrain peinard
je sais très bien que cette chanson
casse pas trois pattes à un canard


assis sur le bord du ruisseau
il lui donne des renoncules
comme elle hésite il bel canto
en décrochant ses mandibules
il lui montre son vibrato
tout en gonflant ses caroncules
elle se languit moderato
il va péter ses ventricules

ne le prenez pas sur ce ton
ce n'est rien qu'un refrain pas beau
je sais très bien que cette chanson
casse pas trois pattes à un corbeau


assis sur le bord du trottoir
il va lui donner des œillets
comme elle hésite sans crier gare
il lui égrène le millet
elle lui laisse apercevoir
un bout de son ventre douillet
et son calice et son ciboire
pour le plaisir y a plus d'billet

ne le prenez pas sur ce ton
ce n'est qu'un refrain rigolo
je sais très bien que cette chanson
casse pas trois pattes à un moineau


assis sur le bord du chemin
il veut lui offrir des glaïeuls
comme elle hésite il tend la main
mimant la queue d'un écureuil
elle dénude en un tournemain
ses seins en guise d'amuse-gueule
elle le voit devenir carmin
quand elle lui ouvre son linceul


ne le prenez pas sur ce ton
ce n'est qu' le fond d'la carafe
je sais très bien que cette chanson
casse pas trois pattes à Edith Piaf

9 janvier 2010