il est difficile pour la ville
de s’évader
des routes de ceintures
des routes de bretelles
des routes rocades
et des chemins de ronde
pas d’issue pas de méharée
dahlia rouge dahlia sang
dahlia rouge dahlia feu
dahlia noir dahlia nuit
dahlia noir dahlia guerre
si la montagne ment
la sentinelle est perdue
si la montagne ment
la sentinelle meurt sous signal
il est difficile pour l’aéroport
de s’envoler
des yeux miradors
des yeux tours de contrôle
des yeux d’agents de sécurité
et des guichets de douane
pas d’issue pas de plan de vol
dahlia rouge dahlia sang
dahlia rouge dahlia feu
dahlia noir dahlia nuit
dahlia noir dahlia guerre
si la montagne ment
le trapéziste est effacé
si la montagne ment
le trapéziste meurt sous vide
il est difficile pour la place d’arme
de rêver
des portes interdites
des portes barbelées
des portes électrifiées
et des passages minés
pas d’issue pas de trêve
dahlia rouge dahlia sang
dahlia rouge dahlia feu
dahlia noir dahlia nuit
dahlia noir dahlia guerre
si la montagne ment
le capitaine est disloqué
si la montagne ment
le capitaine meurt sous narcose
il est difficile pour l’évêché
de s’élever
des cellules séminaires
des cellules de repos
des cellules de dégrisement
et des grilles de tabernacle
pas d’issue pas de rosaire
dahlia rouge dahlia sang
dahlia rouge dahlia feu
dahlia noir dahlia nuit
dahlia noir dahlia guerre
si la montagne ment
l’enfant de chœur est révolu
si la montagne ment
l’enfant de chœur meurt sous pénitence
dahlia rouge dahlia sang
dahlia rouge dahlia feu
si la montagne ment
dahlia noir dahlia nuit
dahlia noir dahlia guerre
si la montagne ment
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
24 août 2010
Affichage des articles dont le libellé est du banc rouge de Montorge. Afficher tous les articles
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mardi 24 août 2010
mercredi 12 mai 2010
les amants
derrière le noisetier
les amants de l'année
déroulent des projets
un lit de chêne
une robe blanche
derrière le noisetier
les amants de l'année
débitent des promesses
derrière le lilas blanc
les amants du printemps
ensemencent des projets
des vacances à la mer
une chambre pourpre
un éventail de nacre
derrière le lilas blanc
les amants du printemps
récitent des promesses
derrière la haie de troènes
les amants de la semaine
dessinent des projets
un week-end à la montagne
un lit d'arole
un pyjama pour deux
derrière la haie de troènes
les amants de la semaine
soupirent une promesse
derrière le bar du carrefour
les amants d'un jour
s'inventent un projet
une nuit à l'hôtel
un lit de passage
une demi-bouteille de clairette
derrière le bar du carrefour
les amants d'un jour
épluchent une promesse
derrière le parking du square
les amants d'un soir
n'ont qu'un simple projet
une séance de cinéma
une bière une frite
derrière le parking du square
les amants d'un soir
évitent une promesse
derrière l'enseigne du coiffeur
les amants d'une heure
ne font pas de projet
des baisers à la va-vite
des caresses sous le manteau
derrière l'enseigne du coiffeur
les amants d'une heure
mentent une promesse
derrière la cantine du quai
les amants qui se sont manqués
boivent et reboivent leurs projets
une petite place sur le zinc
un nœud à la chemise
derrière la cantine du quai
les amants qui se sont manqués
recrachent leurs promesses
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
12 mai 2010
les amants de l'année
déroulent des projets
un lit de chêne
une robe blanche
derrière le noisetier
les amants de l'année
débitent des promesses
derrière le lilas blanc
les amants du printemps
ensemencent des projets
des vacances à la mer
une chambre pourpre
un éventail de nacre
derrière le lilas blanc
les amants du printemps
récitent des promesses
derrière la haie de troènes
les amants de la semaine
dessinent des projets
un week-end à la montagne
un lit d'arole
un pyjama pour deux
derrière la haie de troènes
les amants de la semaine
soupirent une promesse
derrière le bar du carrefour
les amants d'un jour
s'inventent un projet
une nuit à l'hôtel
un lit de passage
une demi-bouteille de clairette
derrière le bar du carrefour
les amants d'un jour
épluchent une promesse
derrière le parking du square
les amants d'un soir
n'ont qu'un simple projet
une séance de cinéma
une bière une frite
derrière le parking du square
les amants d'un soir
évitent une promesse
derrière l'enseigne du coiffeur
les amants d'une heure
ne font pas de projet
des baisers à la va-vite
des caresses sous le manteau
derrière l'enseigne du coiffeur
les amants d'une heure
mentent une promesse
derrière la cantine du quai
les amants qui se sont manqués
boivent et reboivent leurs projets
une petite place sur le zinc
un nœud à la chemise
derrière la cantine du quai
les amants qui se sont manqués
recrachent leurs promesses
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
12 mai 2010
mercredi 28 avril 2010
l'ambulance s'est tirée
l'ambulance s'est tirée
sur des chemins de tendresse
elle franchit
affranchie
des thromboses de péage
et des aphasies de lune
des infirmiers jouent au docteur
sur des alèses aseptisées
dehors le préposé aux fleurs
justifie des plates-bandes des massifs
et des pinèdes en copeaux
l'ambulance en grille une
sur la piste aux étoiles
elle franchit
affranchie
des corridors de bronches
et des sutures de volcans
des infirmières jouent au magasin
avec des neuroleptiques et des pansements
dehors le préposé aux jets d'eau
accuse des fontaines des rigoles
et des goutte-à-goutte de sirop
l'ambulance est en salle d'attente
sur le tarmac du sommeil
elle franchit
affranchie
des barricades d'acétone
et des cheminées d'éther
des anesthésistes jouent à cache-cache
derrière les rayons ixes
dehors le préposé aux bicyclettes
déborde son rayon sa sacoche
et ses dérailleurs de conscience
l'ambulance se vidange
sur des grilles de mot-mystère
elle franchit
affranchie
des routes de sucs gastriques
et des fausse-route de vent
des nettoyeuses jouent à colin-maillard
avec des scalpels et des sacs de plasma
dehors le préposé aux papiers
conserve des ordonnances des tickets de bus
et des brouillons d'avis de décès
l'ambulance est en panne
sur le cran d'arrêt d'urgence
elle franchit
affranchie
des scanners de prothèses
et des perfusions météores
des aumôniers jouent au fantôme
dans l'antichambre des vases à fleurs
dehors le préposé à rien
fume des mégots de vide des moments d'absence
et des casse-pipe crématoires
l'ambulance s'est tirée
avec la chirurgienne et le comptable
elle franchit
affranchie
des anévrismes hilares
des chutes et des rechutes
des chutes et des rechutes
des chutes et des silences
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
28 avril 2010
sur des chemins de tendresse
elle franchit
affranchie
des thromboses de péage
et des aphasies de lune
des infirmiers jouent au docteur
sur des alèses aseptisées
dehors le préposé aux fleurs
justifie des plates-bandes des massifs
et des pinèdes en copeaux
l'ambulance en grille une
sur la piste aux étoiles
elle franchit
affranchie
des corridors de bronches
et des sutures de volcans
des infirmières jouent au magasin
avec des neuroleptiques et des pansements
dehors le préposé aux jets d'eau
accuse des fontaines des rigoles
et des goutte-à-goutte de sirop
l'ambulance est en salle d'attente
sur le tarmac du sommeil
elle franchit
affranchie
des barricades d'acétone
et des cheminées d'éther
des anesthésistes jouent à cache-cache
derrière les rayons ixes
dehors le préposé aux bicyclettes
déborde son rayon sa sacoche
et ses dérailleurs de conscience
l'ambulance se vidange
sur des grilles de mot-mystère
elle franchit
affranchie
des routes de sucs gastriques
et des fausse-route de vent
des nettoyeuses jouent à colin-maillard
avec des scalpels et des sacs de plasma
dehors le préposé aux papiers
conserve des ordonnances des tickets de bus
et des brouillons d'avis de décès
l'ambulance est en panne
sur le cran d'arrêt d'urgence
elle franchit
affranchie
des scanners de prothèses
et des perfusions météores
des aumôniers jouent au fantôme
dans l'antichambre des vases à fleurs
dehors le préposé à rien
fume des mégots de vide des moments d'absence
et des casse-pipe crématoires
l'ambulance s'est tirée
avec la chirurgienne et le comptable
elle franchit
affranchie
des anévrismes hilares
des chutes et des rechutes
des chutes et des rechutes
des chutes et des silences
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
28 avril 2010
mercredi 21 avril 2010
la gazette n'en dira rien
la gazette n'en dira rien
le chroniqueur parlera du temps
et la conteuse remâchera son fabliau
les caméras de la place de la gare
traquent des détrousseurs de vie
des brutes et des loubards
et des malfrats de douze ans
les caméras de la place de la gare
enregistrent la cohue
les grappes
et les solitudes
les caméras de la place de la gare
savent les rencontres
les destins
et les errances
la gazette n'en dira rien
le chroniqueur parlera du temps
et la conteuse remâchera son fabliau
le policier derrière son écran de contrôle
tresse des rencontres
des destins
et des errances
le policier derrière son écran de contrôle
observe et note
des dates et des gestes
des habits et des regards
le policier derrière son écran de contrôle
est un chasseur d'histoires
un prédateur des cœurs
un kidnappeur d'idylles
son cerveau est vrillé
son attention est harponnée
son écran l'a englouti
jour après jour il a repéré une femme
il l'a épiée, regardée, examinée
il connaît tous ses manteaux
ses chaussures et sacs à main
il sait tous ses rhumes et coups de soleil
il a noté la poitrine fière ou fatiguée
la longueur des robes
et l'ourlet des jupons
il a frémi à l'accroche
des hanches et des fesses
il a blêmi sous la tension des regards
il a rougi devant les sourires
jour après jour
il l'a épiée, regardée, examinée
il l'a réinventée
il a réécrit sa vie
il l'a faite sienne de toute éternité
la gazette n'en dira rien
le chroniqueur parlera du temps
et la conteuse remâchera son fabliau
un policier a quitté son poste de travail
derrière l'écran de contrôle
il a emporté des enregistrements
des caméras de la place de la gare
une femme manque sur les images
des caméras de la place de la gare
la concierge du commissariat
a déchiré deux avis de disparition
la gazette n'en saura rien
le chroniqueur parlera du temps
et la conteuse remâchera son fabliau
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
21 avril 2010
le chroniqueur parlera du temps
et la conteuse remâchera son fabliau
les caméras de la place de la gare
traquent des détrousseurs de vie
des brutes et des loubards
et des malfrats de douze ans
les caméras de la place de la gare
enregistrent la cohue
les grappes
et les solitudes
les caméras de la place de la gare
savent les rencontres
les destins
et les errances
la gazette n'en dira rien
le chroniqueur parlera du temps
et la conteuse remâchera son fabliau
le policier derrière son écran de contrôle
tresse des rencontres
des destins
et des errances
le policier derrière son écran de contrôle
observe et note
des dates et des gestes
des habits et des regards
le policier derrière son écran de contrôle
est un chasseur d'histoires
un prédateur des cœurs
un kidnappeur d'idylles
son cerveau est vrillé
son attention est harponnée
son écran l'a englouti
jour après jour il a repéré une femme
il l'a épiée, regardée, examinée
il connaît tous ses manteaux
ses chaussures et sacs à main
il sait tous ses rhumes et coups de soleil
il a noté la poitrine fière ou fatiguée
la longueur des robes
et l'ourlet des jupons
il a frémi à l'accroche
des hanches et des fesses
il a blêmi sous la tension des regards
il a rougi devant les sourires
jour après jour
il l'a épiée, regardée, examinée
il l'a réinventée
il a réécrit sa vie
il l'a faite sienne de toute éternité
la gazette n'en dira rien
le chroniqueur parlera du temps
et la conteuse remâchera son fabliau
un policier a quitté son poste de travail
derrière l'écran de contrôle
il a emporté des enregistrements
des caméras de la place de la gare
une femme manque sur les images
des caméras de la place de la gare
la concierge du commissariat
a déchiré deux avis de disparition
la gazette n'en saura rien
le chroniqueur parlera du temps
et la conteuse remâchera son fabliau
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
21 avril 2010
jeudi 8 avril 2010
le mendiant tire sa révérence
ça sent la sueur de l'ennui
sur la place des fêtes
la ville est en retard
sur l'horaire des sourires
l'avenue des impôts
mène à l'hôtel de police
le square de l'égalité
verdit derrière les grilles
le mendiant gratte ses croûtes
devant la pharmacie
ça sent la corrida
à l'administration centrale
la ville est en avance
pour le bal des caméras
l'impasse de l'aide sociale
est un bassin de décantation
le giratoire de l'avenir
est fermé pour travaux
le mendiant met son écuelle
devant l'horodateur
ça sent l'huile de friture
devant le palais du tribunal
la ville est en retard
pour l'ascenseur social
le boulevard de l'indifférence
est bordée de noyers
le pré de la justice
est un jardin d'orties
le mendiant a cassé son aiguille
dessous la grande horloge
ça sent le détergent
dans les arrêtés urgents
la ville est en avance
sur les bonnes statistiques
le chemin de croissance
est un tout-à-l'égout
le parc des banco mats
a fermé le carrousel
le mendiant tire sa révérence
sur le cheval à bascule
ça sent la résignation
sous le couvert des abribus
ça sent la résignation
dans la cour de l'école
ça sent la résignation
au bureau de l'emploi
ça sent la résignation
dans les cabines d'essayage
ça sent la résignation
dans les couloirs de la folie
ça sent la résignation
sous le couvert des abribus
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
8 avril 2010
sur la place des fêtes
la ville est en retard
sur l'horaire des sourires
l'avenue des impôts
mène à l'hôtel de police
le square de l'égalité
verdit derrière les grilles
le mendiant gratte ses croûtes
devant la pharmacie
ça sent la corrida
à l'administration centrale
la ville est en avance
pour le bal des caméras
l'impasse de l'aide sociale
est un bassin de décantation
le giratoire de l'avenir
est fermé pour travaux
le mendiant met son écuelle
devant l'horodateur
ça sent l'huile de friture
devant le palais du tribunal
la ville est en retard
pour l'ascenseur social
le boulevard de l'indifférence
est bordée de noyers
le pré de la justice
est un jardin d'orties
le mendiant a cassé son aiguille
dessous la grande horloge
ça sent le détergent
dans les arrêtés urgents
la ville est en avance
sur les bonnes statistiques
le chemin de croissance
est un tout-à-l'égout
le parc des banco mats
a fermé le carrousel
le mendiant tire sa révérence
sur le cheval à bascule
ça sent la résignation
sous le couvert des abribus
ça sent la résignation
dans la cour de l'école
ça sent la résignation
au bureau de l'emploi
ça sent la résignation
dans les cabines d'essayage
ça sent la résignation
dans les couloirs de la folie
ça sent la résignation
sous le couvert des abribus
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
8 avril 2010
samedi 6 mars 2010
comme une insulte dans le vent
l'inachevé le surfait
une météo des grands chemins
qui est en vie qui parle et qui se tait
le dessiné le suggéré
la vie est question de lumière et de carton
comme un déménagement sous un candélabre
comme une insulte dans le vent
le dessiné le gravé dans la pierre
une météo de transhumance
que dit le mort qui pense et qui trahit
le suggéré l'esquissé
la vie est question de pizzicato et d'accord
comme une mazurka sur le bitume
comme une insulte dans le vent
la vérité est un produit de cervelle
un liquide de viscère
la vérité est corrosion
l'inachevé le transmis
une météo des échappées
qui se souvient qui chante et qui hurle
le surfait le surexposé
la vie est question d'addition et de repas
comme un fémur dans le bouillon
comme une insulte dans le vent
le chronologique le chirurgical
une météo de salle d'attente
qui souffle qui soigne et qui renifle
le calculé le transcrit
la vie est question d'immobilité et de trajet
comme un pont oublié sur la carte
comme une insulte dans le vent
le calculé le protocole
une météo de migration
qui dicte qui efface et qui proclame
le transcrit le non traduit
la vie est question d'absolution et d'azur
comme un écran magique sur la pensée
comme une insulte dans le vent
la vérité est tête de gondole
dans le rayon des périssables
la vérité peut tourner
le chronologique le non daté
une météo de vieil almanach
qui décrète qui disparait et qui vieillit
le chirurgical l'aseptisé
la vie est question de millimètre et d'imprécis
comme une signalisation d'impasse
comme une insulte dans le vent
l'inavoué l'inavouable
une météo de code pénal
qui disculpe qui punit et qui rend grâce
le défaussé le banni
la vie est question de verdict et de hasard
comme un pavé dans la mémoire
comme un insulte dans le vent
le défaussé l'invérifiable
une météo de bois de justice
qui fusille qui ricane et qui en joue
le banni l'expulsé
la vie est question de débordement et de précipité
comme un dé qui tombe de la table
comme une insulte dans le vent
la vérité est un coup de vent
un nuage de poussière
la vérité est un simulacre
l'inavoué le non dicible
une météo de contrition
qui est en vie qui parle et qui se tait
que dit le mort qui pense et qui trahit
l'inavouable le suggéré
la vie est question de rencontre et de rapt
comme un acteur tombé dans le trou du souffleur
comme une insulte dans le vent
la vie est question d'immobile
la vérité est question de mobile
la vie est question de linge et de drap
la mort tire la couverture
et la vérité est en sueur
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
en guise de salut à la compagnie Mladha et à Bastien Fournier à l'occasion de la création de Sur un pont par grand vent au Théâtre des Halles à Sierre
une météo des grands chemins
qui est en vie qui parle et qui se tait
le dessiné le suggéré
la vie est question de lumière et de carton
comme un déménagement sous un candélabre
comme une insulte dans le vent
le dessiné le gravé dans la pierre
une météo de transhumance
que dit le mort qui pense et qui trahit
le suggéré l'esquissé
la vie est question de pizzicato et d'accord
comme une mazurka sur le bitume
comme une insulte dans le vent
la vérité est un produit de cervelle
un liquide de viscère
la vérité est corrosion
l'inachevé le transmis
une météo des échappées
qui se souvient qui chante et qui hurle
le surfait le surexposé
la vie est question d'addition et de repas
comme un fémur dans le bouillon
comme une insulte dans le vent
le chronologique le chirurgical
une météo de salle d'attente
qui souffle qui soigne et qui renifle
le calculé le transcrit
la vie est question d'immobilité et de trajet
comme un pont oublié sur la carte
comme une insulte dans le vent
le calculé le protocole
une météo de migration
qui dicte qui efface et qui proclame
le transcrit le non traduit
la vie est question d'absolution et d'azur
comme un écran magique sur la pensée
comme une insulte dans le vent
la vérité est tête de gondole
dans le rayon des périssables
la vérité peut tourner
le chronologique le non daté
une météo de vieil almanach
qui décrète qui disparait et qui vieillit
le chirurgical l'aseptisé
la vie est question de millimètre et d'imprécis
comme une signalisation d'impasse
comme une insulte dans le vent
l'inavoué l'inavouable
une météo de code pénal
qui disculpe qui punit et qui rend grâce
le défaussé le banni
la vie est question de verdict et de hasard
comme un pavé dans la mémoire
comme un insulte dans le vent
le défaussé l'invérifiable
une météo de bois de justice
qui fusille qui ricane et qui en joue
le banni l'expulsé
la vie est question de débordement et de précipité
comme un dé qui tombe de la table
comme une insulte dans le vent
la vérité est un coup de vent
un nuage de poussière
la vérité est un simulacre
l'inavoué le non dicible
une météo de contrition
qui est en vie qui parle et qui se tait
que dit le mort qui pense et qui trahit
l'inavouable le suggéré
la vie est question de rencontre et de rapt
comme un acteur tombé dans le trou du souffleur
comme une insulte dans le vent
la vie est question d'immobile
la vérité est question de mobile
la vie est question de linge et de drap
la mort tire la couverture
et la vérité est en sueur
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
en guise de salut à la compagnie Mladha et à Bastien Fournier à l'occasion de la création de Sur un pont par grand vent au Théâtre des Halles à Sierre
6 mars 2010
mercredi 3 février 2010
carcasse de rêve
boulevard des certitudes
ou impasse des doutes
j'arpente la ville au point à l'envers
les faubourgs agricoles du centre ville
la gare sur la colline des vignes
l'hôpital-asile à la rue des écoles
la ferme du dancing
et le dortoir près du tarmac
je dessine des printemps sur les trottoirs
et des nids d'oiseaux sur les boulangeries
je mets du pastis au goulot des fontaines
et des mendiantes en minijupe dans les nouvelles galeries
carcasse carcasse
carcasse du rêve
ainsi casse le rêve
grand-rue des habitudes
ou ruelle des interdits
j'arpente la ville au point de croix
les remparts du château au milieu du parking
le stand de tir sur la place de l'église
les toilettes publiques aux jardins de l'évêque
la clinique ophtalmique au quartier des miroirs
et le cimetière pour chats aux tanneries
je dessine des printemps sur l'horloge astronomique
et des nids d'oiseaux sur l'enseigne du luthier
je mets du bleu de méthylène au goulot des fontaines
et des mendiantes en minijupe dans les nouvelles galeries
carcasse carcasse
carcasse du rêve
ainsi casse le rêve
avenue des inquiétudes
ou passage de l'inconnu
j'arpente la ville au point de tige
les ateliers mécaniques le long des promenades
la piscine olympique sous les pistes cyclables
les débits de boisson aux stations d'essence
les laveries publiques chez l'officier d'état civil
et la distillerie derrière la médiathèque
je dessine des printemps sur les cabines téléphoniques
et des nids d'oiseaux chez le restaurant chinois
je mets du sirop de grenade au goulot des fontaines
et des mendiantes en minijupe dans les nouvelles galeries
ou impasse des doutes
j'arpente la ville au point à l'envers
les faubourgs agricoles du centre ville
la gare sur la colline des vignes
l'hôpital-asile à la rue des écoles
la ferme du dancing
et le dortoir près du tarmac
je dessine des printemps sur les trottoirs
et des nids d'oiseaux sur les boulangeries
je mets du pastis au goulot des fontaines
et des mendiantes en minijupe dans les nouvelles galeries
carcasse carcasse
carcasse du rêve
ainsi casse le rêve
grand-rue des habitudes
ou ruelle des interdits
j'arpente la ville au point de croix
les remparts du château au milieu du parking
le stand de tir sur la place de l'église
les toilettes publiques aux jardins de l'évêque
la clinique ophtalmique au quartier des miroirs
et le cimetière pour chats aux tanneries
je dessine des printemps sur l'horloge astronomique
et des nids d'oiseaux sur l'enseigne du luthier
je mets du bleu de méthylène au goulot des fontaines
et des mendiantes en minijupe dans les nouvelles galeries
carcasse carcasse
carcasse du rêve
ainsi casse le rêve
avenue des inquiétudes
ou passage de l'inconnu
j'arpente la ville au point de tige
les ateliers mécaniques le long des promenades
la piscine olympique sous les pistes cyclables
les débits de boisson aux stations d'essence
les laveries publiques chez l'officier d'état civil
et la distillerie derrière la médiathèque
je dessine des printemps sur les cabines téléphoniques
et des nids d'oiseaux chez le restaurant chinois
je mets du sirop de grenade au goulot des fontaines
et des mendiantes en minijupe dans les nouvelles galeries
carcasse carcasse
carcasse du rêve
ainsi casse le rêve
artère des solitudes
ou venelle des embarras
j'arpente la ville au point d'arrière
le quai encombré de tsiganes et de requérants
la rivière souterraine et ses plages de fêtes
la placette italienne et ses fumeurs de joints
la pierre tombale de marbre au parvis de la banque
et le fusil de la morale dans la salle des rotatives
je dessine des printemps sur les jardins d'hiver
et des nids d'oiseaux sur les corbillards
je mets du savon noir au goulot des fontaines
et des mendiantes en minijupe dans les nouvelles galeries
carcasse carcasse
carcasse du rêve
ainsi casse le rêve
carcasse carcasse
carcasse du rêve
ainsi casse le rêve
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
3 février 2010
jeudi 14 janvier 2010
un arbre s'est dressé
un arbre s'est dressé dans la cour
l'homme en survêtement blanc
ne s'en étonne pas
il l'a planté hier matin
un beau peuplier blanc
qui cause avec le vent
de verticalité et de chemin vers dieu
il l'utilisera demain
comme pinceau pour rajouter du cyan au ciel
comme bâton de marche
et porte-drapeau
un beau peuplier blanc
au beau milieu de la cour
la cour compte trente-cinq pas de long
et dix-sept de large
il marche le long du mur
à chaque treize pas
il marque sur le mur une virgule avec l'index
et chaque douze fois treize pas
il croque une pastille de plantain
et quand il passe à la grand' ourse
il boit d'un trait la voix lactée
un arbre s'est dressé dans la cour
l'homme en survêtement blanc
ne s'en offusque pas
il l'a planté hier matin
un beau chêne trapu
pour les écureuils les geais et les vicaires
pour les armoires à secrets
les dénis de justice
et la balançoire à salomon
demain il le mettra dans la soupe à la farine
le grand livre des comptes
et le livret de famille
un beau chêne trapu
au beau milieu de la cour
qui compte bien trente-cinq pas de long
et dix-sept de large
en marchant le long du mur
il sait très bien qu'à chaque treizième pas
il doit marquer avec l'index une virgule sur le mur
et chaque douze fois treize pas
il croque une pastille de plantain
et quand il s'arrête à saturne
il passe l'anneau à deux doigts de porto
un arbre s'est dressé dans la cour
l'homme en survêtement blanc
ne s'en émeut pas
il l'a planté hier matin
un beau tremble vif
qui donne vie aux peurs et aux terreurs
cliquetis et psaumes
carillons et frémissements
il l'utilisera demain
comme un bâton de pluie
un balai de sorcière
un plumeau à émotions
un beau tremble vif
au beau milieu de la cour
est-ce bien vrai
qu'elle mesure trente-cinq pas de long
et dix-sept de large
y a-t-il toujours une marque sur le mur
à chaque treize pas
a-t-on assez de pastilles de plantain
pour en croquer à chaque douze fois treize pas
et quand on est dans le verseau
peut-on caresser le petit robinet
un arbre s'est dressé dans la cour
l'homme en survêtement blanc
en est tout énervé
il l'a scié hier matin
ce sombre noyer
ou se pendaient les rêves les guirlandes et les écolières
nœuds coulants dégoulinants
cadavres passés au brou de noix
âmes en dérives feux-follets de bengale
il en fera demain
un cercueil à ailettes
un tabernacle
et un semainier pour ses médicaments
ce si sombre noyer
au beau milieu de la cour
le temps de neuf pastilles de plantain
il a fait six fois le tour de la cour
le temps d'une pastille de plantain
il a compté douze marques sur le mur
à intervalle de treize pas
pourquoi ne lui avez-vous pas dit
que la cour faisait trente-cinq pas de long
et dix-sept de large
docteur il vous cause
de choses sérieuses
docteur quand vous serez sur terre
laissez faire les jardiniers
leurs tremblements
leurs boniments
leurs pourquoi et comment
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
14 janvier 2010
l'homme en survêtement blanc
ne s'en étonne pas
il l'a planté hier matin
un beau peuplier blanc
qui cause avec le vent
de verticalité et de chemin vers dieu
il l'utilisera demain
comme pinceau pour rajouter du cyan au ciel
comme bâton de marche
et porte-drapeau
un beau peuplier blanc
au beau milieu de la cour
la cour compte trente-cinq pas de long
et dix-sept de large
il marche le long du mur
à chaque treize pas
il marque sur le mur une virgule avec l'index
et chaque douze fois treize pas
il croque une pastille de plantain
et quand il passe à la grand' ourse
il boit d'un trait la voix lactée
un arbre s'est dressé dans la cour
l'homme en survêtement blanc
ne s'en offusque pas
il l'a planté hier matin
un beau chêne trapu
pour les écureuils les geais et les vicaires
pour les armoires à secrets
les dénis de justice
et la balançoire à salomon
demain il le mettra dans la soupe à la farine
le grand livre des comptes
et le livret de famille
un beau chêne trapu
au beau milieu de la cour
qui compte bien trente-cinq pas de long
et dix-sept de large
en marchant le long du mur
il sait très bien qu'à chaque treizième pas
il doit marquer avec l'index une virgule sur le mur
et chaque douze fois treize pas
il croque une pastille de plantain
et quand il s'arrête à saturne
il passe l'anneau à deux doigts de porto
un arbre s'est dressé dans la cour
l'homme en survêtement blanc
ne s'en émeut pas
il l'a planté hier matin
un beau tremble vif
qui donne vie aux peurs et aux terreurs
cliquetis et psaumes
carillons et frémissements
il l'utilisera demain
comme un bâton de pluie
un balai de sorcière
un plumeau à émotions
un beau tremble vif
au beau milieu de la cour
est-ce bien vrai
qu'elle mesure trente-cinq pas de long
et dix-sept de large
y a-t-il toujours une marque sur le mur
à chaque treize pas
a-t-on assez de pastilles de plantain
pour en croquer à chaque douze fois treize pas
et quand on est dans le verseau
peut-on caresser le petit robinet
un arbre s'est dressé dans la cour
l'homme en survêtement blanc
en est tout énervé
il l'a scié hier matin
ce sombre noyer
ou se pendaient les rêves les guirlandes et les écolières
nœuds coulants dégoulinants
cadavres passés au brou de noix
âmes en dérives feux-follets de bengale
il en fera demain
un cercueil à ailettes
un tabernacle
et un semainier pour ses médicaments
ce si sombre noyer
au beau milieu de la cour
le temps de neuf pastilles de plantain
il a fait six fois le tour de la cour
le temps d'une pastille de plantain
il a compté douze marques sur le mur
à intervalle de treize pas
pourquoi ne lui avez-vous pas dit
que la cour faisait trente-cinq pas de long
et dix-sept de large
docteur il vous cause
de choses sérieuses
docteur quand vous serez sur terre
laissez faire les jardiniers
leurs tremblements
leurs boniments
leurs pourquoi et comment
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
14 janvier 2010
dimanche 6 décembre 2009
un petit air lala
un petit air lala
un maigre chœur profane
invite à la fête
dans le passage de la gare
ça sent le sandwich et la petite bière
ça sent la valise mouillée
et le déodorant à la va-vite
et pis surtout ça sent le sapin
ça sent le sapin
un petit air lala
un accordéon autiste
renifle un psaume tiers-mondiste
sur le parvis du supermarché
ça sent le vin chaud humanitaire
et le pain d'épice équitable
ça sent la bougie à la cannelle
et pis surtout ça sent le sapin
ça sent le sapin
un petit air lala
un violon roumain
miaule les yeux noirs
sur la terrasse de la brasserie
ça sent le velouté de courge à la morille
ça sent la choucroute du terroir
ça sent l'atriau à l'humagne
et pis surtout ça sent le sapin
ça sent le sapin
un petit air lala
un pantin mécanique
nasille un hymne à la paix
à la porte de la cathédrale
ça sent la mandarine et l'encens
ça sent les lumignons et le repentir
ça sent la foi mauvaise et sa cuvée tradition
et pis surtout ça sent le sapin
ça sent le sapin
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
un maigre chœur profane
invite à la fête
dans le passage de la gare
ça sent le sandwich et la petite bière
ça sent la valise mouillée
et le déodorant à la va-vite
et pis surtout ça sent le sapin
ça sent le sapin
un petit air lala
un accordéon autiste
renifle un psaume tiers-mondiste
sur le parvis du supermarché
ça sent le vin chaud humanitaire
et le pain d'épice équitable
ça sent la bougie à la cannelle
et pis surtout ça sent le sapin
ça sent le sapin
un petit air lala
un violon roumain
miaule les yeux noirs
sur la terrasse de la brasserie
ça sent le velouté de courge à la morille
ça sent la choucroute du terroir
ça sent l'atriau à l'humagne
et pis surtout ça sent le sapin
ça sent le sapin
un petit air lala
un pantin mécanique
nasille un hymne à la paix
à la porte de la cathédrale
ça sent la mandarine et l'encens
ça sent les lumignons et le repentir
ça sent la foi mauvaise et sa cuvée tradition
et pis surtout ça sent le sapin
ça sent le sapin
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
6 décembre 2009
samedi 17 octobre 2009
comment renouer la vie
qu'est-ce qui se passe
après le dernier applaudissement
quand le chanteur rejoint sa loge
et que la salle est allumée
on a goûté au sublime
on est touché à l'intime
comment réapparaître
et comment renouer la vie
les mots redeviennent des mots
ou des borborygmes
qu'est-ce qui se passe
après la dernière image sur l'écran
quand sur le générique passent des ombres
et que la salle est allumée
on a goûté au sublime
on est touché à l'intime
comment rejoindre la surface
et comment renouer la vie
on se met à beugler devant la caverne
qu'est-ce qui se passe
après le dernier accord
quand les musiciens quittent la scène
que les instruments se taisent de la musique d'avant
et que la salle est allumée
on a goûté au sublime
on est touché à l'intime
comment reprendre souffle
et comment renouer la vie
on se brise les écailles sur les cailloux de la berge
qu'est-ce qui se passe
quand le peintre pose son couteau
et se détourne du tableau
quand la palette s'endort de térébenthine
il a goûté au sublime
il a touché à l'intime
comment renaître
et comment renouer la vie
on parle le lézard sur les trottoirs de la ville
et puis ne pas renaître
devant ce si grand tableau
quel tintamarre
sur le chemin des remparts
quand le dernier neurone
éclate de rouge
et disparait de noir
qu'est-ce qui se passe
quand la dernière connexion
surchauffe d'argent
et crame d'anthracite
qu'est-ce qui se passe
ô cette ultime fureur de peindre
cette immense présence de ciel
et cette coulure vermillon sur les rochers
qu'est-ce qui se passe
et quelle odeur de souffre et d'ammoniaque
comment renouer la vie
comment
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
écrit devant le Concert de Nicolas de Staël
Antibes 15 octobre 2009
après le dernier applaudissement
quand le chanteur rejoint sa loge
et que la salle est allumée
on a goûté au sublime
on est touché à l'intime
comment réapparaître
et comment renouer la vie
les mots redeviennent des mots
ou des borborygmes
qu'est-ce qui se passe
après la dernière image sur l'écran
quand sur le générique passent des ombres
et que la salle est allumée
on a goûté au sublime
on est touché à l'intime
comment rejoindre la surface
et comment renouer la vie
on se met à beugler devant la caverne
qu'est-ce qui se passe
après le dernier accord
quand les musiciens quittent la scène
que les instruments se taisent de la musique d'avant
et que la salle est allumée
on a goûté au sublime
on est touché à l'intime
comment reprendre souffle
et comment renouer la vie
on se brise les écailles sur les cailloux de la berge
qu'est-ce qui se passe
quand le peintre pose son couteau
et se détourne du tableau
quand la palette s'endort de térébenthine
il a goûté au sublime
il a touché à l'intime
comment renaître
et comment renouer la vie
on parle le lézard sur les trottoirs de la ville
et puis ne pas renaître
devant ce si grand tableau
quel tintamarre
sur le chemin des remparts
quand le dernier neurone
éclate de rouge
et disparait de noir
qu'est-ce qui se passe
quand la dernière connexion
surchauffe d'argent
et crame d'anthracite
qu'est-ce qui se passe
ô cette ultime fureur de peindre
cette immense présence de ciel
et cette coulure vermillon sur les rochers
qu'est-ce qui se passe
et quelle odeur de souffre et d'ammoniaque
comment renouer la vie
comment
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
écrit devant le Concert de Nicolas de Staël
Antibes 15 octobre 2009
mercredi 19 août 2009
comment dit-on
à la une de ce matin
un démon noir a fait sa course
a-t-il couru trop vite
a-t-il couru trop noir
ainsi va la mémoire du stade de Berlin
une présidente pâle a une panne
comment dit-on médaille en führer
le criquet à ailes rouges étourdi de soleil
a plongé dans une bouche d'égout
au sommaire du télé journal
des enfants vendent des épices
des hommes achètent des munitions
et les femmes versent leur sang
ainsi va le marché de Kaboul
un président noir a eu un blanc
comment dit-on la paix en taliban
le bourdon ivre de tournesol
a plongé dans l'herbe sous la patte du chat
à la une de ce matin
des ouvriers disparaissent dans le ventre de l'usine
la fée électricité sème aussi la terreur
l'ampoule du frigo fait une lueur de viande
ainsi va l'énergie en Sibérie
un président blanc a un trou noir
comment dit-on profit en rouble
le lucane cerf-volant fou d'amour
a foncé droit dans le piège électrique
au sommaire du télé journal
la guerre de la drogue est une guerre civile
la mort rugit sans ONG
combien de lignes de tir pour une ligne de coke
ainsi va le commerce à Ciudad Juarez
un président latino a un oubli
comment dit-on impunité en mexicain
l'araignée en dépression tisse un nœud coulant
dans le coin sombre de sa toile
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
19 août 2009
un démon noir a fait sa course
a-t-il couru trop vite
a-t-il couru trop noir
ainsi va la mémoire du stade de Berlin
une présidente pâle a une panne
comment dit-on médaille en führer
le criquet à ailes rouges étourdi de soleil
a plongé dans une bouche d'égout
au sommaire du télé journal
des enfants vendent des épices
des hommes achètent des munitions
et les femmes versent leur sang
ainsi va le marché de Kaboul
un président noir a eu un blanc
comment dit-on la paix en taliban
le bourdon ivre de tournesol
a plongé dans l'herbe sous la patte du chat
à la une de ce matin
des ouvriers disparaissent dans le ventre de l'usine
la fée électricité sème aussi la terreur
l'ampoule du frigo fait une lueur de viande
ainsi va l'énergie en Sibérie
un président blanc a un trou noir
comment dit-on profit en rouble
le lucane cerf-volant fou d'amour
a foncé droit dans le piège électrique
au sommaire du télé journal
la guerre de la drogue est une guerre civile
la mort rugit sans ONG
combien de lignes de tir pour une ligne de coke
ainsi va le commerce à Ciudad Juarez
un président latino a un oubli
comment dit-on impunité en mexicain
l'araignée en dépression tisse un nœud coulant
dans le coin sombre de sa toile
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
19 août 2009
mardi 23 juin 2009
sans blooooog
les mots dansent sur l’écran
une étincelle une lueur un feu follet
on trouve le bon mot
le trempe dans un mauvais vinaigre
et l’enjolive d’un cardère
surgit une allusion
macérée dans le fiel
le voici le pamphlet sinon l’anathème
un clic et le voici parti
jusqu’aux étoiles jusqu’à obamaland jusqu’aux soirées de téhéran
et jusqu’aux lèvres de la censure
un nobliau de province s’offusque
reprend deux fois des gouttes
et agite la clochette vengeresse
rataplan
un clown nez creux et cils barbelés
sort un gros portemonnaie vide en cuir d’opprobre
il réclame de l’argent à la maigre assemblée
en disant
sans blooooog
les touches frétillent sur le clavier
un grain de sable un gravier un pavé
on trouve la phrase implacable
la noue dans un bouquet de gaillardes
et la parfume de lisier
surgit une pique joliette
et c’est une hallebarde
le voici le billet sinon l’exécution
un clic et le voici parti
jusqu’au soleil jusqu’à l’académie jusqu’aux pas perdus
et jusqu’au billot de justice
une vieille star de la pensée enrage
respire des sels
et sonne son bodyguard
rapataplan
un clown dent creuse et crâne mirador
porte un coffre-fort vide en acier d’innocence
il réclame mille écus au gardien de chambre
en chantant
sans blooooog
les pensées fourmillent sur la toile
une comique une chronique une résistance
on fomente un dialogue
on roule dans la farine
et on grille aux épices
surgit une parole citoyenne
et c’est un parjure
la voici la critique sinon la diffamation
un clic et la voici partie
jusqu’à la lune jusqu’à l’inquisition jusqu’aux heures sombres
et jusqu’au compte bancaire
les nobliaux et les penseurs
agitent la plainte et la réparation en monnaie
quand le clown à grands gestes cloue une bouche
c’est mille gueules qui s’ouvrent
et qui crient
mon blooooog
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
23 juin 2009
une étincelle une lueur un feu follet
on trouve le bon mot
le trempe dans un mauvais vinaigre
et l’enjolive d’un cardère
surgit une allusion
macérée dans le fiel
le voici le pamphlet sinon l’anathème
un clic et le voici parti
jusqu’aux étoiles jusqu’à obamaland jusqu’aux soirées de téhéran
et jusqu’aux lèvres de la censure
un nobliau de province s’offusque
reprend deux fois des gouttes
et agite la clochette vengeresse
rataplan
un clown nez creux et cils barbelés
sort un gros portemonnaie vide en cuir d’opprobre
il réclame de l’argent à la maigre assemblée
en disant
sans blooooog
les touches frétillent sur le clavier
un grain de sable un gravier un pavé
on trouve la phrase implacable
la noue dans un bouquet de gaillardes
et la parfume de lisier
surgit une pique joliette
et c’est une hallebarde
le voici le billet sinon l’exécution
un clic et le voici parti
jusqu’au soleil jusqu’à l’académie jusqu’aux pas perdus
et jusqu’au billot de justice
une vieille star de la pensée enrage
respire des sels
et sonne son bodyguard
rapataplan
un clown dent creuse et crâne mirador
porte un coffre-fort vide en acier d’innocence
il réclame mille écus au gardien de chambre
en chantant
sans blooooog
les pensées fourmillent sur la toile
une comique une chronique une résistance
on fomente un dialogue
on roule dans la farine
et on grille aux épices
surgit une parole citoyenne
et c’est un parjure
la voici la critique sinon la diffamation
un clic et la voici partie
jusqu’à la lune jusqu’à l’inquisition jusqu’aux heures sombres
et jusqu’au compte bancaire
les nobliaux et les penseurs
agitent la plainte et la réparation en monnaie
quand le clown à grands gestes cloue une bouche
c’est mille gueules qui s’ouvrent
et qui crient
mon blooooog
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
23 juin 2009
dimanche 7 juin 2009
le mot le plus juste
le mot le plus juste est celui qu’on ne dit pas
le mot qui s’arrête aux lèvres est le mot juste
j’ai planté une borne au bout de mon taisage
j’ai cloué un sentiment au bout d’une beuglante
l’homme de ce pays remonte les pierres sur les montagnes
l’homme de ce pays remonte le sable dans le mur des barrages
l’homme de ce pays remonte la neige à coups de canons
l’homme de ce pays remonte le vin dans les glaciers
le mot le plus juste est celui qu’on ne dit pas
le mot qui s’arrête aux lèvres est le mot juste
j’ai noué une phrase à la grille du confessionnal
j’ai muré un chant dans l’escalier de la caserne
le pays de cet homme s’écroule en pierriers
le pays de cet homme déboule en cascades
le pays de cet homme s’effondre en avalanches
le pays de cet homme se rabote en ravines
j’ai tué un proverbe avec le fiel de ma langue
j’ai planté une fourche sur une idée de poème
le mot le plus juste est celui qui se grimace
le mot qui se pend à la glotte est le mot juste
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
en guise de remerciement pour
le chant du bouquetin
de et avec Pierre-Isaïe Duc
Petithéâtre, Sion, 4 juin 2009
le mot qui s’arrête aux lèvres est le mot juste
j’ai planté une borne au bout de mon taisage
j’ai cloué un sentiment au bout d’une beuglante
l’homme de ce pays remonte les pierres sur les montagnes
l’homme de ce pays remonte le sable dans le mur des barrages
l’homme de ce pays remonte la neige à coups de canons
l’homme de ce pays remonte le vin dans les glaciers
le mot le plus juste est celui qu’on ne dit pas
le mot qui s’arrête aux lèvres est le mot juste
j’ai noué une phrase à la grille du confessionnal
j’ai muré un chant dans l’escalier de la caserne
le pays de cet homme s’écroule en pierriers
le pays de cet homme déboule en cascades
le pays de cet homme s’effondre en avalanches
le pays de cet homme se rabote en ravines
j’ai tué un proverbe avec le fiel de ma langue
j’ai planté une fourche sur une idée de poème
le mot le plus juste est celui qui se grimace
le mot qui se pend à la glotte est le mot juste
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
en guise de remerciement pour
le chant du bouquetin
de et avec Pierre-Isaïe Duc
Petithéâtre, Sion, 4 juin 2009
6 juin 2009
lundi 18 mai 2009
myanmar est un tombeau
sur un marché de soleil
on vend des chemises indigo
innocents achats de vacances
dans la même vallée
des paysans de plaine cultivent le coton
des paysans de montagne récoltent l’indigo
ils ont appris à se taire
ah ! le beau coton naturel
dans les jardins de l’ambassade
ils assurent que la birmanie est un pays beau
mais myanmar est un sarcophage
sur les docks du port
des ouvriers chargent des sacs de riz
qui nourrira l’europe et l’amérique
des troupeaux d’enfants et de jeunes femmes
travaillent dans les rizières
ils ont appris à se courber
ah ! le beau riz blanc
dans les salons de l’ambassade
ils affirment que la birmanie est un pays bon
mais myanmar est un cercueil
dans un bureau de rangoun
des industriels achètent du tek et du bambou
par forêts entières
des villages sont broyés
les villageois sont déportés
ils ont appris à disparaître
ah ! les beaux meubles de jardin
dans les chambres de l’ambassade
ils convainquent que la birmanie est un pays propre
mais myanmar est un sépulcre
dans un village frontière
des têtes de pavots transitent
par fourgons blindés
les prisonniers sont une main d’œuvre docile
et n’ont pas de syndicat
ils ont appris à mourir
ah ! si c’est de l’opium
si c’est de l’opium
dans la cave de l’ambassade
ils attestent que la birmanie est un pays libre
mais myanmar est un tombeau
aung san suu kyi le sait
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
18 mai 2009
on vend des chemises indigo
innocents achats de vacances
dans la même vallée
des paysans de plaine cultivent le coton
des paysans de montagne récoltent l’indigo
ils ont appris à se taire
ah ! le beau coton naturel
dans les jardins de l’ambassade
ils assurent que la birmanie est un pays beau
mais myanmar est un sarcophage
sur les docks du port
des ouvriers chargent des sacs de riz
qui nourrira l’europe et l’amérique
des troupeaux d’enfants et de jeunes femmes
travaillent dans les rizières
ils ont appris à se courber
ah ! le beau riz blanc
dans les salons de l’ambassade
ils affirment que la birmanie est un pays bon
mais myanmar est un cercueil
dans un bureau de rangoun
des industriels achètent du tek et du bambou
par forêts entières
des villages sont broyés
les villageois sont déportés
ils ont appris à disparaître
ah ! les beaux meubles de jardin
dans les chambres de l’ambassade
ils convainquent que la birmanie est un pays propre
mais myanmar est un sépulcre
dans un village frontière
des têtes de pavots transitent
par fourgons blindés
les prisonniers sont une main d’œuvre docile
et n’ont pas de syndicat
ils ont appris à mourir
ah ! si c’est de l’opium
si c’est de l’opium
dans la cave de l’ambassade
ils attestent que la birmanie est un pays libre
mais myanmar est un tombeau
aung san suu kyi le sait
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
18 mai 2009
samedi 21 février 2009
suffrages mâle et femelle
la femme brode un nom sur le cartable
trois recommandations, deux conseils, une larme
envoie son enfant sur le chemin de la vie
l’homme apporte des sacs de charbon
décaillasse le préau
et sélectionne le juste régent
la femme ébouriffe une bruyère
trois ave, deux pater, une larme
arrange un peu la tombe de l’aïeule
l’homme trace la nouvelle avenue
désaffecte une allée du cimetière
et embauche le fidèle sacristain
la femme essuie une plainte
trois compresses, deux tisanes, une larme
confie la victime à la vierge marie
l’homme écrit à la plume un code de bonne conduite
scelle un cachot dans une cave de l’école
et confie la justice de paix à son cousin notaire
la femme veut un peu plus de bonheur
trois dimanches, deux printemps, une larme de joie
donne un sou à la quête et deux sous à l’impôt
l’homme agrafe une affiche sur le poteau de téléphone
propagande de vin vieux, promesse de rebibes
et se choisit un quarteron d’amis pour le parlement
la femme craint le curé, obéit au conseil de fabrique
trois soumissions, deux paupières baissées, une larme
glisse dans l’urne un suffrage mâle
l’homme éructe une mise au point à la maison de commune
chuchote une consigne à la table de bistrot
et s’élit un si semblable gouvernement
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
21 février 2009
trois recommandations, deux conseils, une larme
envoie son enfant sur le chemin de la vie
l’homme apporte des sacs de charbon
décaillasse le préau
et sélectionne le juste régent
la femme ébouriffe une bruyère
trois ave, deux pater, une larme
arrange un peu la tombe de l’aïeule
l’homme trace la nouvelle avenue
désaffecte une allée du cimetière
et embauche le fidèle sacristain
la femme essuie une plainte
trois compresses, deux tisanes, une larme
confie la victime à la vierge marie
l’homme écrit à la plume un code de bonne conduite
scelle un cachot dans une cave de l’école
et confie la justice de paix à son cousin notaire
la femme veut un peu plus de bonheur
trois dimanches, deux printemps, une larme de joie
donne un sou à la quête et deux sous à l’impôt
l’homme agrafe une affiche sur le poteau de téléphone
propagande de vin vieux, promesse de rebibes
et se choisit un quarteron d’amis pour le parlement
la femme craint le curé, obéit au conseil de fabrique
trois soumissions, deux paupières baissées, une larme
glisse dans l’urne un suffrage mâle
l’homme éructe une mise au point à la maison de commune
chuchote une consigne à la table de bistrot
et s’élit un si semblable gouvernement
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
21 février 2009
vendredi 13 février 2009
la place du mort
l’idée de son propre cadavre est ignoble
je veux pour mon repos ultime mille conforts et mille messages
un sachet de lavande et des pastilles de réglisse
un téléphone portable avec sonnerie tintamarre
les adresses des amis
les chroniques de vialatte et celles de desproges
et une carte d’état-major de la vallée haute
un souhait de miroir face à sa dépouille
derrière les planches de sapin clair
je serai à l’abri des médisances des reproches et des agressions
le poignard des amitiés
la dague des mièvres
et une carte d’état-major de la vallée haute
un souhait de miroir face à sa dépouille
derrière les planches de sapin clair
je serai à l’abri des médisances des reproches et des agressions
le poignard des amitiés
la dague des mièvres
et la cognée des amours
je réciterai des noms de maladie
et m’écouterai en boucle un magnificat athée
une envie de gisant éphèbe
au-delà du trou noir je parlerai un langage mammifère
l’oubli des convenances et le faux-pas mondain
je fesserai l’ange et reniflerai la démone
ma poésie sera bancale et ma rime acrobate
et je ferai grimace à la caméra de vidéosurveillance
un costume de carnaval pour mon sépulcre
la sorcière et l’abbé ont déroulé mon éternité
un temps pour pleurer un temps pour suer
des questions gigognes et un ultimatum reporté
un éclat de rire et un plaisir foudroyé
la voyante et le chamane ont griffonné la sentence
cette mort sera mienne et sans partage
vivant un peu terne mais brillant défunt
amants et amantes se retrouveront à l'auberge de la paix
devant un plat de viande froide
héritiers se désaltéreront au café de l'espérance
avec du vin aigre et de la limonade
quelques amis résistants utiliseront le faire-part
pour un potage aux lettres
et m’écouterai en boucle un magnificat athée
une envie de gisant éphèbe
au-delà du trou noir je parlerai un langage mammifère
l’oubli des convenances et le faux-pas mondain
je fesserai l’ange et reniflerai la démone
ma poésie sera bancale et ma rime acrobate
et je ferai grimace à la caméra de vidéosurveillance
un costume de carnaval pour mon sépulcre
la sorcière et l’abbé ont déroulé mon éternité
un temps pour pleurer un temps pour suer
des questions gigognes et un ultimatum reporté
un éclat de rire et un plaisir foudroyé
la voyante et le chamane ont griffonné la sentence
cette mort sera mienne et sans partage
vivant un peu terne mais brillant défunt
amants et amantes se retrouveront à l'auberge de la paix
devant un plat de viande froide
héritiers se désaltéreront au café de l'espérance
avec du vin aigre et de la limonade
quelques amis résistants utiliseront le faire-part
pour un potage aux lettres
r.e.s.q.u.i.a.t. i.n. p.a.c.e.
resquiat in pace sera trop salé sans doute
resquiat in pace sera trop salé sans doute
ô l’art d’accommoder les restes
écrit dans la cour de la ferme-asile à sion
après la visite de l’exposition
un cercueil pour la vie
de marie-antoinette gorret
le canard graisse ses plumes sans se soucier de son cholestérol
13 février 2009
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