1440 minutes

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editions d'autre part

mercredi 9 décembre 2015

je marche sur le fil


le grelot du cheval à l’heure du laitier
le snipper endormi derrière son brasero
le rouge-gorge appliqué signalant la relève
la vareuse indigo déteignant sur la joue
 
je marche sur le pont de la déconvenue
 
la chanterelle de l’amoureuse à l’heure de la sieste
la sentinelle distraite dessinant des coquelicots
le coucou revêche refusant son bail à loyer
le blouson de cuir pour descendre au baston
 
je marche dans le couloir des embuscades
 
le carillon des fêtes à l’heure de l’apéro
le sergent de ville guilleret souriant au malappris
la pie honnête rapportant la Bague d’Or
le veston démocratique accroché au platane
 
je marche sur le trottoir des anicroches
 
le bourdon annonçant la fin du patriarche
le juge de paix excédé désarmant les héritiers
le busard fatigué dépeçant les couleuvres
le manteau de la discorde cachant le crucifix
 
je marche sur le fil
je rejoins la trapéziste dans son rêve

 

lundi 7 décembre 2015

je sors de la caverne


l’absinthe réconciliée dans le calice des synapses
la livrée du vicaire à la patère de la grange
le chrysanthème de décembre sur le pavé verglacé
la chevelure de Vénus en guirlandes de noces
 
je sors de la caverne avec un sac d’étoiles
 
la macération de chélidoine sur les verrues de l’âme
le pardessus de mélancolie sur l’épaule de la vierge
le bouton d’or à ses seins, la drosera à son ventre
le fichu de Véronique sur la béance du pied-bot
 
je sors de la caverne avec un sac d’étoiles
 
le jus de l’épine-vinette dans la sauce calvaire
le caleçon du pauvre à la fenêtre de la reine
la belladone agenouillée devant le crucifix
le tricot d’Ariane qui file toutes ses mailles
 
je sors de la caverne avec un sac d’étoiles
 
l’eau-de-coing dans le désordre des poitrines
la voilette de charme sur le visage de la madone
la pivoine meurtrie sous la lanière du fouet
les menstrues d’Eve pour ensemencer la terre
 
je sors de ma caverne
je cherche les braises de ton satellite

mercredi 2 décembre 2015

je veille sur ce trottoir imbécile


la loi sur l’arbitraire et le désordre coutumier
la traitrise de la dispense et la ventilation du doute
l’invention du tranquille devant l’escalier de secours
 
le choix de la tombola et le protocole du hasard
le spasme de l’habitude et le tiroir à confessions
les enchères de l’oubli devant les fleurs de la passion
 
la construction du pont et le creusement du gouffre
la corde à linge sur le canal et la distorsion de la girouette
la germination des remords devant l’autel de l’innocence
 
le vin des réjouissances et le lait caillé de la colère
l’arrogance du drapeau et la honte de la couche-culotte
le chariot d’injures devant le cortège des croisés
 
la démonstration de l’errance et le cheval qui boite
la cervelle figée du martinet et le magnétisme cramé de la boussole
le mécanisme de l’erreur devant l’équation des longitudes
 
l’arpège du malfaisant et la percussion des vengeances
le tunnelier du pardon et la paresse barricade
la recette du futur devant le chagrin des casseroles
 
je veille sur ce trottoir imbécile et frotte la lampe de la ville

dimanche 15 novembre 2015

pizzicato à crochet


pizzicato à crochet
sac à venin
poche à poison
 
pamoison devant l’absence
respiration du double-fond
ça craque dans la poumonnerie
ça siffle ça grogne
 
la corde à linge donne le la
l’orchestre boite sur les bécarres
la diane sonne sur la flaque
le poisson dort dans le hamac
 
pizzicato à crachin
sac à colère
poche à fiel
 
hébétude devant le départ
digestion dans le tiroir à secrets
ça grince dans les tuyauteries
ça pète ça chuinte
 
la nuisette part en syncope
les soupirs vibrent dans la fosse
les matines se chantent sur le givre
la couleuvre funambule sur l’étendage
 
pizzicato de l’adieu
sac à larmes
poche à vinasse
 
pizzicato debout
sac à pinces
poche à clous

jeudi 12 novembre 2015

on ne se remet pas du chant de l'alouette


le désordre du fiel au fond de la trachée
l’angélus qui fonctionne à la lampe carbure
la hache sur le billot quand le doute s’égare
l’horodateur du sexe qui renonce au boulier
 
on ne se remet pas du chant de l’alouette
 
la renonciation du coq les matins de piété
la cloche qui prend le large délaissant l’habitude
le cheval amoureux croquant la marguerite
la nurserie inquiète les soirs de coqueluche
 
on ne se remet pas du chant de l’alouette
 
la fenêtre qui s’ouvre sur les anniversaires
la tisane millésimée à l’heure du bourreau
l’allée du cimetière dans ton Monopoly
et ton lit à potence jeté sur le trottoir
 
on ne se remet pas du chant de l’alouette
 
le tambour acrobate qui se joue sur l’enclume
le soupir et son double préfaçant la musique
la bannière déchirée oubliée au bistrot
et l’agonie du fifre un lendemain de guerre
 
on ne se remet pas du chant de l’alouette
on se laisse mourir quand passent les outardes

mercredi 4 novembre 2015

pirouli oui


la soupe au radis noir les soirs de remontrance
le pain rassis le vin acide
on gratte une croûte au genou
on renifle un morve recuite
on racornit les mots du chardon
 
pirouli pirouli
 
la chaudrée de rutabaga les soirs de perdition
la pomme fripée la peau sur le lait
on gratte le furoncle sur la fesse
on bave un jus de pénitence
on raccourcit les mots de la passion
 
pirouli piroula pirouli
 
le bouillon de navet les nuits de réclusion
le fromage trop salé l’ail pourri
on gratte le remord sur le sein
on sue un jus de chaussette
on rapièce les mots de la rose trémière
 
pirouli piroula pirouli oui
 
la soupe aux abats les nuits d’agonie
l’âme déshydratée le pardon en miettes
on gratte le givre sur le cœur
on pisse une fièvre malpropre
on rappond les mots de la corde
 
pirouli piroula
pirouli oui pirouli


vendredi 23 octobre 2015

j'onomatope


le soleil craque le bec du pic
le soleil croque les piques des becs
 
j’onomatope la cruauté
crû oté
Théo cru
au crû thé
ho ! t’es cru
je phtongue
je diphtongue
je sonne
je consonne
j’onomatope
top top tetop top
 
le soleil triture le marais salant
le soleil torture le salé marrant
 
j’onomatope le fou rire
file roule
foule lire
fil lourd
lit four
je phtongue
je diphtongue
je sonne
je consonne
j’onomatope
top top tetop top
 
le soleil lacère la peau du dos
le soleil la serre à l’appeau dodu
 
j’onomatope le sentiment
sans temps mis
sans mi-temps
sang menti
tant ciment
je phtongue
je dis
je diphtongue
je sonne
je consonne
je voyou
tu voyelles
j’onomatope
top top tetop top
top top tetop top