1440 minutes

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editions d'autre part

samedi 17 janvier 2015

graisser la patte à la femme de chambre


la pastille à la menthe pour faire mentir l’archange
le sirop de verveine au bar de l’hôtel
les rideaux qui sentent la fumée et la friture
la fenêtre qui donne sur le parking des camions citernes
et le morbier qui ne sonne que les quarts d’heure
 
repasser le costume du séminariste
ôter le moisi sur le pot de confiture
graisser la patte à la femme de chambre pour la soirée cinéma
 
que vienne un jour de libation sur cette ville austère

vendredi 16 janvier 2015

enlever la chérubine


la lettre du devoir au bas des filiations
la généalogie gravée sur les armoiries de la ville
le sacristain fatigué qui compte les fêlures
la moquerie des béatifiés sur les cloches païennes
et les sanglots montant des étables les nuits de grand vent
 
dénombrer les clefs des portes de secours
contrôler le verrouillage des caves et des âmes
enlever la chérubine dans le parc des veaux
 
que vienne un parfum de figue dans le corridor des attentes

mercredi 14 janvier 2015

rappeler la sage-femme


l’entonnoir à rêves dans la dame-jeanne des sacrifices
la pommade cicatrisante sur le code pénal
l’industrie des complots et des traquenards dans la cave à vin
la mélancolie qui surgit sur la place de jeux
et le tribunal des amours devant le gibet du doute
 
dégrossir la mappemonde des capitales inutiles
lubrifier l’usine à oblitérer les passe-droits
rappeler la sage-femme au chevet des couleuvres
 
que vienne un air tzigane sur nos têtes névrosées

mardi 13 janvier 2015

dévergonder la vagabonde


la tablature en sol pour fleurir demain
les écoutilles ouvertes sur les vibrations
le fleuve qui fait silence au passage des morts
l’alouette qui s’en fout et qui répète le tube de l’été
et le jardin qui balance entre la vanité et le besoin
 
étuver les remords comme des liquettes
amidonner le faux-col de l’envie de partir
dévergonder la vagabonde sous l’ombre d’un nuage
 
que vienne une météo clémente pour les effeuilles

dimanche 11 janvier 2015

soûler la semeuse rousse


la poule qui ronchonne un maïs trop pâle
le ver de terre suicidé au carrefour des taupes
le chat sans domicile épuisé de vermines
le compost qui exhale une avant-première de printemps
et la choucroute qui pourrit sur le bord de la fenêtre
 
dessiner de nouvelles planches pour le potager
irriguer quelques phrases d’un jus de radis
soûler la semeuse rousse d’inquiétants idiomes
 
que vienne une plume de freux sur l’armoire à testaments

samedi 10 janvier 2015

honorer la correctrice


la tramontane qui partisane le cortège des fourches
l’odeur de foin coupé dans la salle de rédaction
la viande qui rassit sur la fenêtre du mercredi
la listes des choses à faire avant de sombrer
et la lettre du merle à l’encre de pissenlit
 
faire la trace à la machette dans la broussaille des mots
panser la bête de somme à l’entrée de la bibliothèque
honorer la correctrice avec des gommes parfumées
 
que vienne une syntaxe universelle sur l’annuaire des insurrections

vendredi 9 janvier 2015

inviter la douanière inuit


la famille pinson refoulée des vacances
l’exode transsibérien des wagons blindés
le chant amérindien traduit sur Radio-Béring
la banquise qui prend l’autoroute vers un pays d’infidèles
et la baleine à bosses trafiquant l’arnica
 
faire fondre de la neige pour la soupe de poissons
manger un foie de pétrel pour supporter l’hiver
inviter la douanière inuit au grand bal costumé
 
que vienne une aurore boréale pourpre dans nos téléviseurs