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la
pastille à la menthe pour faire mentir l’archange
le
sirop de verveine au bar de l’hôtel
les
rideaux qui sentent la fumée et la friture
la
fenêtre qui donne sur le parking des camions citernes
et
le morbier qui ne sonne que les quarts d’heure
repasser
le costume du séminariste
ôter
le moisi sur le pot de confiture
graisser
la patte à la femme de chambre pour la soirée cinéma
que
vienne un jour de libation sur cette ville austère
la
lettre du devoir au bas des filiations
la
généalogie gravée sur les armoiries de la ville
le
sacristain fatigué qui compte les fêlures
la
moquerie des béatifiés sur les cloches païennes
et
les sanglots montant des étables les nuits de grand vent
dénombrer
les clefs des portes de secours
contrôler
le verrouillage des caves et des âmes
enlever
la chérubine dans le parc des veaux
que
vienne un parfum de figue dans le corridor des attentes
l’entonnoir
à rêves dans la dame-jeanne des sacrifices
la
pommade cicatrisante sur le code pénal
l’industrie
des complots et des traquenards dans la cave à vin
la
mélancolie qui surgit sur la place de jeux
et
le tribunal des amours devant le gibet du doute
dégrossir
la mappemonde des capitales inutiles
lubrifier
l’usine à oblitérer les passe-droits
rappeler
la sage-femme au chevet des couleuvres
que
vienne un air tzigane sur nos têtes névrosées
la
tablature en sol pour fleurir demain
les
écoutilles ouvertes sur les vibrations
le
fleuve qui fait silence au passage des morts
l’alouette
qui s’en fout et qui répète le tube de l’été
et
le jardin qui balance entre la vanité et le besoin
étuver
les remords comme des liquettes
amidonner
le faux-col de l’envie de partir
dévergonder
la vagabonde sous l’ombre d’un nuage
que
vienne une météo clémente pour les effeuilles
la
poule qui ronchonne un maïs trop pâle
le
ver de terre suicidé au carrefour des taupes
le
chat sans domicile épuisé de vermines
le
compost qui exhale une avant-première de printemps
et
la choucroute qui pourrit sur le bord de la fenêtre
dessiner
de nouvelles planches pour le potager
irriguer
quelques phrases d’un jus de radis
soûler
la semeuse rousse d’inquiétants idiomes
que
vienne une plume de freux sur l’armoire à testaments
la
tramontane qui partisane le cortège des fourches
l’odeur
de foin coupé dans la salle de rédaction
la
viande qui rassit sur la fenêtre du mercredi
la
listes des choses à faire avant de sombrer
et
la lettre du merle à l’encre de pissenlit
faire
la trace à la machette dans la broussaille des mots
panser
la bête de somme à l’entrée de la bibliothèque
honorer
la correctrice avec des gommes parfumées
que
vienne une syntaxe universelle sur l’annuaire des insurrections
la
famille pinson refoulée des vacances
l’exode
transsibérien des wagons blindés
le
chant amérindien traduit sur Radio-Béring
la
banquise qui prend l’autoroute vers un pays d’infidèles
et
la baleine à bosses trafiquant l’arnica
faire
fondre de la neige pour la soupe de poissons
manger
un foie de pétrel pour supporter l’hiver
inviter
la douanière inuit au grand bal costumé
que
vienne une aurore boréale pourpre dans nos téléviseurs