1440 minutes

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editions d'autre part

mardi 6 janvier 2015

charivarir la pucelle


le tumulte dans les arbres un soir de fête
la danse du pied-bot devant le kiosque à musique
la boisson troublée par l’angoisse d’une rencontre
la guirlande électrique qui clignote au clocheton de la chapelle
et les portes du pensionnat qui battent la mesure
 
tresser des couronnes de houx pour les plus beaux danseurs
donner des friandises à la marmaille pour qu’elle s’éloigne
charivarir la pucelle au son de l’harmonica
 
que vienne une douce pluie pour disperser les amoureux

lundi 5 janvier 2015

dégrafer la robe de la cartomancienne


l’habit du toréador vendu en deuxième main
le cheval qui danse le charleston derrière l’arène
la véronique et la pervenche s’embrassant à pleine bouche
la sangria trop tiède dans des gobelets plastique
et la tombola pour la rançon de la bohémienne
 
ramasser le crottin pour les plants de tomates
chercher dans les lavures la bague de fiançailles
dégrafer la robe de la cartomancienne pour sa ligne de cœur
 
que viennent les pèlerins de la mer dans nos champs de glaïeuls

dimanche 4 janvier 2015

sourire à l'ambulancière


la grimace du pinson dans sa cage rouillée
la pluie qui s’embarrasse de la mémoire des marins
le fauteuil de la veuve fatigué de sueur
le calendrier qui compte douze mois de janvier
et la folie qui castagnette dans le corridor
 
jeter les cendres du poêle sur la neige du potager
tracer l’itinéraire du bonheur sur le carnet des dépenses
sourire à l’ambulancière avant de se dissoudre
 
que vienne la floraison du mimosa sur nos déconvenues

samedi 3 janvier 2015

danser avec la garde-malade


les cerneaux de noix sur le bord de la fenêtre
la tisane astringente tiédie au lait de chèvre
le tricot de chandail sous la lumière froide du néon
l’oratorio qui renâcle sur Radio-Solitude
et le fumet d’un requiem qui monte de la soupière
 
congédier l’illusionniste pour incapacité de miracle
brûler le livre des remèdes de grand-mère
danser avec la garde-malade sur une vieille polka
 
que vienne une armada de clarinettes sur le parvis des dimanches

vendredi 2 janvier 2015

griffer la poitrine d'une calabraise


le troupeau de bovins galopant dans la neige
les vapeurs des sueurs et des urines
le lait mauvais jeté dans le canal
le vacher buvant la gnôle et reniflant la défaite
et la palombe qui se demande si l’on est bien lundi
 
demander à la nuit l’armistice des fièvres
brûler des souches de sureau à la porte des granges
griffer la poitrine d’une calabraise implorant sacrifice
 
que vienne un convoi de fourrage aseptisé pour nos veaux femelles

jeudi 1 janvier 2015

dérouter la patrouilleuse


la fièvre dans le registre des donneurs de sang
le plasma qui s’empile dans les dortoirs charitables
le fourmilier qui s’invite à la table de l’anesthésiste
le livre des records pour bloquer le brancard à roulettes
et la panoplie de Superman au vestiaire de la morgue
 
balayer les seringues sur le parking des urgences
livrer le diagnostic au pigeon-voyageur
dérouter la patrouilleuse vers le bar des convalescents
 
que vienne une rosée de légèreté sur le catalogue des infirmités

lécher la dresseuse de singes


la tranquillité étouffée dans la boite à secrets
l’escalier généalogique qui remonte à la horde
l’arbre à palabres dans un dictionnaire lapon
la chaussette de la mère qui se troue aux remords
et la poussière des morts qui trouble le rhésus
 
dessiner un jardin sans rose trémière
réécrire la poésie des fontaines de tuf
lécher la dresseuse de singes
 
que vienne le chant du coq sur nos pardons excessifs