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le
tumulte dans les arbres un soir de fête
la
danse du pied-bot devant le kiosque à musique
la
boisson troublée par l’angoisse d’une rencontre
la
guirlande électrique qui clignote au clocheton de la chapelle
et
les portes du pensionnat qui battent la mesure
tresser
des couronnes de houx pour les plus beaux danseurs
donner
des friandises à la marmaille pour qu’elle s’éloigne
charivarir
la pucelle au son de l’harmonica
que
vienne une douce pluie pour disperser les amoureux
l’habit
du toréador vendu en deuxième main
le
cheval qui danse le charleston derrière l’arène
la
véronique et la pervenche s’embrassant à pleine bouche
la
sangria trop tiède dans des gobelets plastique
et
la tombola pour la rançon de la bohémienne
ramasser
le crottin pour les plants de tomates
chercher
dans les lavures la bague de fiançailles
dégrafer
la robe de la cartomancienne pour sa ligne de cœur
que
viennent les pèlerins de la mer dans nos champs de glaïeuls
la
grimace du pinson dans sa cage rouillée
la
pluie qui s’embarrasse de la mémoire des marins
le
fauteuil de la veuve fatigué de sueur
le
calendrier qui compte douze mois de janvier
et
la folie qui castagnette dans le corridor
jeter
les cendres du poêle sur la neige du potager
tracer
l’itinéraire du bonheur sur le carnet des dépenses
sourire
à l’ambulancière avant de se dissoudre
que
vienne la floraison du mimosa sur nos déconvenues
les
cerneaux de noix sur le bord de la fenêtre
la
tisane astringente tiédie au lait de chèvre
le
tricot de chandail sous la lumière froide du néon
l’oratorio
qui renâcle sur Radio-Solitude
et
le fumet d’un requiem qui monte de la soupière
congédier
l’illusionniste pour incapacité de miracle
brûler
le livre des remèdes de grand-mère
danser
avec la garde-malade sur une vieille polka
que
vienne une armada de clarinettes sur le parvis des dimanches
le
troupeau de bovins galopant dans la neige
les
vapeurs des sueurs et des urines
le
lait mauvais jeté dans le canal
le
vacher buvant la gnôle et reniflant la défaite
et
la palombe qui se demande si l’on est bien lundi
demander
à la nuit l’armistice des fièvres
brûler
des souches de sureau à la porte des granges
griffer
la poitrine d’une calabraise implorant sacrifice
que
vienne un convoi de fourrage aseptisé pour nos veaux femelles
la
fièvre dans le registre des donneurs de sang
le
plasma qui s’empile dans les dortoirs charitables
le
fourmilier qui s’invite à la table de l’anesthésiste
le
livre des records pour bloquer le brancard à roulettes
et
la panoplie de Superman au vestiaire de la morgue
balayer
les seringues sur le parking des urgences
livrer
le diagnostic au pigeon-voyageur
dérouter
la patrouilleuse vers le bar des convalescents
que
vienne une rosée de légèreté sur le catalogue des infirmités
la
tranquillité étouffée dans la boite à secrets
l’escalier
généalogique qui remonte à la horde
l’arbre
à palabres dans un dictionnaire lapon
la
chaussette de la mère qui se troue aux remords
et
la poussière des morts qui trouble le rhésus
dessiner
un jardin sans rose trémière
réécrire
la poésie des fontaines de tuf
lécher
la dresseuse de singes
que
vienne le chant du coq sur nos pardons excessifs